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18 septembre 2015

Antoine Frérot au Positive Economy Forum : « Un monde à bas carbone ne relève pas de l’utopie »

La 4ème édition du LHFORUM/Positive Economy Forum réunit au Havre du 16 au 19 septembre plus de 300 experts internationaux (dirigeants d’associations et d’ONG, chefs d’entreprises, chercheurs, entrepreneurs sociaux, responsables politiques) pour construire ensemble un « monde positif pour tous » à l’horizon 2030. Le Président-directeur général de Veolia Antoine Frérot a participé à la conférence plénière « Spécial COP21 / Réchauffement climatique : les entreprises face au défi zéro carbone ».

 
LHForum


 
Antoine Frérot, PDG de Veolia

« Rendre l’économie sobre en carbone est possible dès lors qu’existe une réelle volonté poli­tique et que l’on fait preuve de pragma­tisme et de persévérance » : c’est la conviction qu’Antoine Frérot a partagée avec les participants au LHForum ce vendredi 18 septembre.
 


Pour le Président-directeur général de Veolia, la mise en œuvre de quatre mesures permettrait de migrer vers une économie peu carbonée :


. Passer d’une logique économique linéaire, du type extraire-fabriquer-jeter, à un modèle d’utilisation des ressources naturelles plus sobre, fondé sur l’économie circulaire.

« La non-valorisation des déchets ou des produits usagés accroît considérablement les besoins énergétiques. A l’inverse, produire de nouvelles matières premières en recyclant les déchets émet beaucoup moins de CO2 et permet de préserver les matières premières vierges » a déclaré Antoine Frérot. C’est pourquoi l’économie circulaire doit mobiliser tous les secteurs industriels, dans tous les pays. Et ce, même si elle est particulièrement adaptée aux pays développés car leurs déchets forment « la plus grande mine du monde ».

 

. S’attaquer aux gaz à effet de serre à courte durée de vie et à fort pouvoir de réchauffement comme le méthane.

Sur 20 ans, les émissions de méthane représentent 40 % des émissions totales de gaz à effet de serre. Or, « le méthane est plus facile et moins cher à capter et à valoriser que le CO2 », a rappelé Antoine Frérot. Différentes solutions sont en effet disponibles pour transformer le méthane issu des déchets en biogaz, et ainsi en électricité ou en chaleur. Ces solutions sont de plus en plus largement appliquées dans les pays développés, grâce à une réglementation exigeante et des financements publics dédiés. Dans les pays émergents, les mécanismes réglementaires et financiers restent à inventer pour accélérer le déploiement de ces technologies.

 

. Rendre propre les énergies fossiles en séquestrant les gaz à effet de serre qu’elles dégagent.

Les énergies fossiles seront encore exploitées pendant plusieurs décennies. L’enjeu aujourd’hui est de réussir à les rendre artificiellement propres grâce à la technique. Par exemple, doter toutes les centrales électriques de systèmes de captage et stockage du CO2 réduirait de moitié les émissions mondiales.
 

. Fixer un prix du carbone, dissuasif pour les pollueurs et incitatif pour les dépollueurs.

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Pour Antoine Frérot, « si nous voulons vraiment contenir les quantités de carbone présentes dans l’atmosphère, il faut faire entrer la valeur du climat dans l’économie ». Un prix du carbone doit être fixé de manière à ce que polluer devienne plus cher que dépolluer. Les sommes collectées serviraient à financer des actions de dépollution.
 
Antoine Frérot a conclu : « Pour rendre l’économie positive, il nous faut quitter les demi-mesures. Sans incitation financière ni réglementation ambitieuse, il est vain d’espérer gagner la bataille du CO2 ; avec elles, nous pouvons encore conjurer la menace climatique ».

 

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