Média
22 avril 2013

Aristot

L'eau du robinet a parfois un drôle de goût ou d'odeur. Ce phénomène est du à la présence infinitésimale de composés odoriférants, inoffensifs pour la santé. De nature fluctuante et éphémère, ces composants sont difficiles à identifier et un traitement adéquat de l'eau ne peut donc être mis en place. Durant deux ans, la R&D de Veolia a mis au point Aristot, afin de détecter ces composants et d'analyser de manière beaucoup plus réactive l'eau qui arrive dans le verre du consommateur.

Un problème bien présent mais difficile à mesurer et donc à résoudre

Un goût particulier de l'eau peut être lié à l'eau elle-même, au traitement de potabilisation, au réseau de distribution... mais aussi, et cela est fréquent et plus difficile à évaluer scientifiquement, au réseau privé, des canalisations jusqu'aux joints des robinets.

Or les méthodes existantes permettent d'analyser seulement 3% des échantillons et ces analyses sont longues et fastidieuses. La R&D de Veolia s'est donc mobilisée sur une question : comment mettre au point une méthode d'analyse plus rapide et offrant une vision plus complète de la composition de l'eau ?

Une R&D qui a du nez

Pendant deux ans, les équipes de la R&D mènent une recherche double.
Tout d'abord il faut reproduire en laboratoire un réseau privé pour analyser les phénomènes d'eau stagnante / eau mouvante. Ensuite, il s'agit d'utiliser ce réseau privé, comme le font les consommateurs, d'où toute une série d'enquête sur le terrain.

La dernière phase de l'expérimentation consiste à identifier les composants odorants. Pour cela, la R&D Veolia Environnement bénéficie de l'expertise du Research Institute for Chromography à l'origine du Twister : une barre magnétique recouverte d'un revêtement de verre, lui-même garni de silicone. Ainsi est né le concept d'Aristot : réunissant 7 tubes de Twister dans un tube cylindrique fixé à la sortie du robinet, cet appareil de mesure est doté d'une très haute sensibilité.

Concrètement, comment agit Aristot ?

Aristot est à mi-chemin entre la sacoche du plombier et le mini laboratoire d'analyse, l'appareil est en effet accompagné de tout le matériel pour l'adapter à n'importe quel type de robinet. Aristot est installé de 1 à 4 jours chez le consommateur puis son barillet est envoyé pour analyse au Centre de recherche sur l'eau.
Le but est d'accroître la capacité de Veolia à interpréter et donc à résoudre les phénomènes de goût et d'odeur dans l'eau.

Et déjà, Aristot a permis de découvrir de nouveaux composés odorants et de disposer d'un échantillonnage statistique de ces derniers.

Le cas des communes de Saïx et de Navès, du diagnostic à la solution

Fin 2007, ces deux communes ont pu expérimenter la détection des composants odorants grâce au système de Twister, précurseur d'Aristot.
Le résultat ? Le Centre de recherche sur l'eau a identifié les causes du problème ce qui a permis de le traiter grâce principalement à une filtration sur charbon actif.
Après ce traitement, 89% des clients donnent à l'eau une note supérieure à la moyenne et 35% trouvent que le goût s'est amélioré.

« Nos enquêtes de satisfaction ont mis en évidence que le goût de l'eau était une préoccupation majeure pour les consommateurs, avant même les risques sanitaires ! (...) Aristot nous permet désormais d'étudier au plus près ce qui se passe chez le consommateur. (...) Et s'il y a un problème de goût ou d'odeur, nous pouvons commencer à y remédier par le conseil, le suivi ou un traitement approprié grâce aux informations que nous aurons collectées. »
David Benanou, responsable du programme Aristot au Centre de recherche sur l'eau