Média
20 avril 2010

Déchets d'activités de soins à risques infectieux, que faut-il en faire ?

Les activités de médecine libérale génèrent des déchets entraînant des obligations particulières liées notamment à leur caractère infectieux en vue de protéger les patients, les professionnels de santé, mais également les agents en charge de la collecte et du traitement des déchets.

Les déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI) sont constitués des déchets présentant un risque infectieux du fait de la présence de micro-organismes viables ou de leurs toxines. Par ailleurs, même en l'absence de risque infectieux, sont également à considérer comme DASRI les matériaux piquants, coupants ou tranchants après utilisation, qu'ils aient été ou non en contact avec un produit biologique, les flacons de produits sanguins à usage thérapeutique incomplètement utilisés ou arrivés à péremption et les déchets anatomiques non aisément identifiables. Le petit matériel de soins fortement évocateur d'une activité de soins et pouvant avoir un fort impact psycho-émotionnel (tubulures, sondes, drains, canules...) est également souvent assimilé à des DASRI.

Les risques sanitaires

Les risques sanitaires associés aux DASRI sont principalement d'ordre infectieux et mécanique même si le risque psycho-émotionnel ne doit pas être négligé. Ce risque infectieux dépend naturellement du mode de propagation (par voie cutanéo-muqueuse, par inhalation d'aérosols contaminés ou par contact direct avec un objet souillé) et des modalités d'exposition aux micro-organismes concernés. La contamination percutanée, comprenant les accidents d'exposition au sang (AES) et aux liquides biologiques, liée à une mauvaise utilisation ou élimination des dispositifs piquants, coupants et tranchants, constitue le risque le plus préoccupant, concernant aussi bien les professionnels de santé que les personnels en charge de la collecte des déchets.

Conduite à tenir

Un strict respect des règles d'hygiène et des précautions "standards" sanitaires doit être appliqué notamment pour les patients porteurs des virus VIH, VHB et VHC ou d'une bactérie multirésistante aux antibiotiques (BMR). Des dispositions spécifi ques complémentaires peuvent également être mises en oeuvre dans des situations exceptionnelles (pandémie grippale, SRAS, charbon, agents transmissibles non conventionnels). Un tri efficace doit être pratiqué dès la production des DASRI. Ceux-ci doivent ensuite suivre une fi lière d'élimination spécifique, afin de garantir l'absence de déchets à risques dans les déchets ménagers et assimilés. Aussi, il appartient au médecin de déterminer si le déchet qu'il produit lors de la réalisation d'un acte médical, à son cabinet ou au domicile du patient, relève ou non de la catégorie des DASRI, afin de les conditionner dans des conteneurs spécifi ques normalisés. Produisant généralement moins de 5 kg par mois de DASRI, les professionnels de santé doivent stocker ces emballages sécurisés fermés à l'écart de sources de chaleur et à l'abri du public pendant une période n'excédant pas trois mois. Dans le cadre d'une convention, leur collecte s'effectue par un prestataire ou par apport volontaire dans un point de regroupement dédié. Ils sont accompagnés de documents garantissant la traçabilité depuis leur production jusqu'à leur destruction fi nale. Une bonne gestion des DASRI s'inscrit pleinement dans la prévention du risque infectieux et permet de protéger le personnel de collecte et de traitement des déchets ménagers de risques accidentels et sanitaires dont les conséquences individuelles peuvent être très graves.

JEAN-MARC DI GUARDIA,
LE BUREAU DE L'ENVIRONNEMENT EXTÉRIEUR ET DES PRODUITS CHIMIQUES, DIRECTION GÉNÉRALE DE LA SANTÉ

Disponibles sur www.sante.gouv.fr :

  • « Guide pratique pour la prévention des infections liées aux soins réalisées en dehors des établissements de santé », Direction générale de la Santé, actualisation de janvier 2006.
  • Dépliant d'information « DASRI - déchets d'activités de soins à risques infectieux- Comment les éliminer ? ».
  • « Hygiène et prévention du risque infectieux en cabinet médical ou paramédical, recommandations », juin 2007, SFTG-HAS.
  • Le site Internet du groupe d'études sur le risque d'exposition des soignants aux agents infectieux (GERES) : www.geres.org