Média
17 juin 2014

Economie circulaire : moins de gaspillage, plus de valeur ajoutée

A l’occasion des premières Assises de l’économie circulaire, organisées par l’ADEME, le 17 juin, Antoine Frérot, PDG de Veolia, et Ellen MacArthur, au titre de sa Fondation, échangent sur ce nouveau modèle, dans le dernier numéro du magazine Planet. Considérée comme l’un des grands projets pour la France de 2025 par le Président de la République, l’économie circulaire s’impose face aux enjeux de protection de l’environnement mais doit d’abord être vue comme une opportunité, estiment-ils dans une interview croisée. Extraits.




(…)

Pourquoi l’économie circulaire est-elle si importante pour vous ou pour votre entreprise ?

Ellen Mac Arthur
Ellen MacArthur / Quand je naviguais sur les océans, il était indispensable pour ma survie de gérer au plus juste mes ressources. Sur terre c’est pareil : nous devons prendre conscience des limites de la planète. C’est pourquoi je voulais orienter les travaux de ma fondation vers la gestion des ressources (énergétiques, matières premières) et vers l’économie circulaire, qui propose de passer du triptyque « prélever - consommer - rejeter » à un modèle permettant aux ressources d’être dans un flux continu de préservation des ressources précieuses et de restauration du capital naturel.



 
Antoine Frérot portrait
Antoine Frérot / Dans les vingt ans qui viennent, les classes moyennes vont passer de 1 à 3 milliards d’individus. Cela induira une pression jusque-là jamais exercée sur les ressources naturelles. Ce phénomène impose des innovations et une nouvelle manière de penser, de travailler, de consommer. Nous sommes contraints de remettre en cause les concepts traditionnels. Cette rupture, nous pouvons et nous devons la vivre comme une opportunité. Il s’agit là d’un tournant que tous les industriels et collectivités vont devoir prendre, et cela ne se limitera pas au recyclage ou à la réutilisation des déchets. Veolia est en ordre de marche pour aider ses clients à relever ce défi.
 

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L’économie circulaire ne suppose-t-elle pas une révolution ? Et l’économie telle que nous la voyons aujourd’hui est-elle prête à changer ?

E. MA. / L’économie circulaire suppose d’utiliser plusieurs fois les ressources — naturelles ou industrielles — dans un circuit perpétuel qui place le réemploi au centre. Les produits peuvent y être re-manufacturés pour de nouveaux usages, presque à l’infini. C’est vers çà que nous devons tendre. Il est certain qu’à long terme, l’économie devra changer pour atteindre cet objectif car le système actuel n’est pas viable.
Le système économique est-il prêt à cela ? Je suis optimiste quand je vois de plus en plus d’entreprises, d’étudiants ou de gouvernements en prendre conscience. Ils comprennent que l’économie circulaire peut devenir un formidable levier de croissance et de prospérité. En témoigne l’étude “Towards the circular economy” que nous avons menée avec le cabinet McKinsey. Elle prévoit que la transition vers ce type d’économie peut générer plus de mille milliards de dollars de revenus.
 

Le secteur manufacturier de l’Union européenne pourrait réaliser des économies nettes de coûts de matériaux d’une valeur de 630 milliards de dollars par an à l’horizon 2025.
(Etude de McKinsey pour la Fondation Ellen MacArthur)

Que fait concrètement Veolia pour créer des boucles de recyclage des ressources ?

 A.F./ En tant que leader mondial, nous proposons à nos clients des approches qui bouclent les cycles de la matière, de l’eau ou de l’énergie. À ce titre, nous avons une responsabilité et l’assumons car nos clients nous demandent de les accompagner sur ce sujet. L’information et la pédagogie sont primordiales pour que les citoyens adhèrent aux politiques d’économie circulaire. L’enjeu est de les impliquer afin qu’ils deviennent acteurs de leur consommation et protecteurs de leur environnement.
Un exemple concret ? À Bruxelles, nous avons mis au point à partir des boues de station d’épuration, un procédé pour produire des bioplastiques qui répondent aux standards de qualité des plasturgistes. Il faut savoir qu’en Europe, sur 25 millions de tonnes de plastiques produites chaque année, un quart seulement est recyclé. C’est pourquoi notre entreprise invente des technologies pour recycler davantage. À partir des plastiques usagés que contiennent les déchets d’équipements électriques et électroniques, nous arrivons ainsi à fabriquer des polymères de haute qualité, affichant un taux de pureté de 99 %, et à un prix inférieur à la matière vierge ! (…)

 

Pour lire l'intégralité de l'interview dans le magazine Planet et vous abonner, contactez Planet.ve@veolia.com

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