Média
17 septembre 2013

Jean-Paul Camus, directeur Veolia Eau Arabie saoudite et codirecteur du RCBU

Le recyclage ou « re-use » est en passe de devenir une des solutions adoptées par la National Water Company (NWC) et Veolia pour assurer la pérennité de l'eau à Riyad. Jean-Paul Camus explique toute l'importance de cette solution économe.

En quoi consiste précisément le « re-use » ?

Le « re-use » consiste dans le retraitement des eaux usées et leur réutilisation pour des usages industriels, agricoles ou tertiaires.

Il permet, d'une part, de limiter la pression sur la ressource. Tout l'intérêt est d'éviter de faire baisser la nappe phréatique qui a déjà diminué de plusieurs dizaines de mètres ces trente dernières années ! Dans la mesure où il pleut rarement en Arabie saoudite, elle se renouvelle peu, comme vous pouvez l'imaginer.

D'autre part, il permet de limiter le recours à l'eau « dessalée » gourmande en énergie. Si l'on n'agit pas rapidement, tout le pétrole saoudien sera consommé d'ici à vingt ans pour produire cette eau !

Comment le « re-use » peut-il contribuer à mieux gérer la rareté de l'eau ?

Le ministère saoudien de l'Eau et de l'Électricité veut privilégier le recyclage des eaux usées traitées. Son objectif est d'utiliser les 35 % d'eau actuellement traitée et de la recycler à 100 % dans un proche avenir.

Pour quels usages ?

À ce jour, 10 % des eaux provenant des stations d'épuration sont réutilisées à des fins industrielles, agricoles ou pour l'arrosage des espaces verts. Un certain nombre d'usagers ont déjà été identifiés. La NWC prévoit d'augmenter le recours à ce procédé, par la construction d'un réseau d'eau non potable dédié et le renforcement de la qualité de traitement.

En 2012, trois usines de traitement tertiaire ont été mises en service sur les sites de Manfouha et d'Al-Heat pour une capacité de 400 000 m3 par jour. Cette eau usée traitée et recyclée est destinée à un réseau spécifique, différent du réseau d'eau potable.