Média
26 novembre 2013

L'eau pure, concept high-tech ?

Vous pensez que l'eau en bouteille achetée au supermarché est pure ? Détrompez-vous. Elle est truffée de minéraux, d'ions et de particules qui, si elles sont bonnes ou neutres pour notre organisme, pourraient, à l'inverse, très facilement détruire les fragiles nanocircuits d'une barrette de silicium. D'où l'enjeu de produire de l'eau ultrapure.

Imported image 27701

L'eau ultrapure... Pas mal de rumeurs circulent à son sujet sur Internet : elle ne serait pas potable, elle constituerait un dangereux solvant ou serait amère. Pour en avoir le coeur net, une dégustation de ce grand cru s'impose. Verdict : pas mauvais du tout ! Sous un arôme affirmé de H2O se dévoilent des notes de... H2O.

Pour cette opération délicate, il ne suffit pas de filtrer l'eau de plus en plus finement. Le process repose sur un système complexe d'osmose inverse, une technologie membranaire qui permet d'éliminer des particules inférieures à 0,03 μm. Par comparaison, ces minuscules grains que vous voyez flotter dans votre verre avoisinent les 40 μm, soit la taille du plus petit détail visible à l'oeil nu.

D'autres procédés sont également utilisés pour traquer bactéries, gaz dissous et autres ions de magnésium, de calcium et de silicium pouvant perturber les composants électroniques des barrettes de silicium : l'oxydation par UV, les résines échangeuses d'ions ou encore le charbon actif.

Pour répondre à la demande quotidienne de l'usine de fabrication de semi-conducteurs - jusqu'à 100 000 m3 d'eau -, le site d'Icheon fonctionne 24 h/24. Des systèmes complexes de gestion de la maintenance garantissent un approvisionnement permanent.

« Une interruption de service générerait des pertes considérables pour notre client. »
Gustavo Migues, Directeur général de Veolia Corée

Le produit final ? L'eau la plus pure qu'il soit possible d'obtenir, sauf à brûler de l'hydrogène pur dans de l'oxygène pur, un procédé impossible à réaliser en dehors d'un laboratoire...