Média
22 avril 2013

L'usine d'Angers : faire des déchets une ressource

C'est environ 20 kg de D3E (Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques) que dépose chaque français par an à la poubelle, soit près d'1,3 million de tonnes pour tout le pays. Des déchets qui augmentent 3 fois plus vite que les déchets ménagers.

L'Union Européenne a fixé pour objectif de collecter et valoriser 4 kg/an par habitant. Une mission apparemment impossible. Pourtant, avec un recyclage efficace et une réutilisation des matériaux, ces déchets seraient revalorisés et échapperaient ainsi à la décharge.
Pour y arriver, l'implication des citoyens est nécessaire. Les collectivités locales doivent donc les informer et leur proposer la collecte des D3E ; de leur côté, les distributeurs doivent accepter de récupérer l'appareil usagé pour tout achat d'un appareil du même genre.
Ces déchets sont d'autant plus importants à traiter qu'ils contiennent souvent des substances dangereuses telles que du mercure, du vernis cyanuré, de l'amiante.
A Angers, Veolia Propreté a ouvert le 13 octobre 2008 une usine de traitement des D3E qui revalorise globalement 88% du poids des D3E. Face à l'ampleur de la tâche, les méthodes peuvent être titanesques : l'usine, capable de traiter 70 frigidaires par heure soit 350 000 par an, ne broie pas les frigidaires mais les éclate les uns contre les autres afin de pouvoir récupérer 99.5% des CFC (chlorofluorocarbones - un réfrigérant détruisant la couche d'ozone). Pour les plus petits appareils, on applique la méthode douce : un scanner identifie, sépare et recycle des déchets, évitant l'opération de broyage et donc toute destruction de piles, de condensateurs et autres polluants.
Parmi tout ce process de déconstruction, c'est aussi l'avenir pour certains qui se reconstruit : l'usine s'est engagée à accueillir des personnes handicapées ou en difficulté sociale. C'est donc avec enthousiasme que la région et le ministre de l'écologie ont accueilli la synergie entre l'industrie et l'économie sociale.