Média
24 avril 2013

La valorisation des métaux

Présents dans de nombreux alliages, le zinc et le nickel se retrouvent en grande quantité dans les effluents et rejets industriels.La valorisation de ces métaux représente un double enjeu, écologique, et économique. La R&D de Veolia Environnement et CEDILOR, filiale de Veolia Propreté, se sont associés avec l'université de Metz afin de mettre au point un procédé nouveau d'extraction des métaux des effluents et rejets industriels.

Des ressources qui s'épuisent et un environnement menacé

Le zinc et le nickel sont des métaux lourds et polluants. Leur rejet en milieu naturel peut avoir des conséquences écologiques graves. Leur stockage sous terre, après stabilisation, à un coût élevé, n'est pas viable durablement. On estime en outre aujourd'hui que les réserves exploitables de nickel seront taries d'ici une cinquantaine d'années, et que celles de zinc seront vidées d'ici une quarantaine d'années. Cette raréfaction des ressources fait monter d'autant le cours de ces métaux.

Une rencontre et un partenariat déterminants

En 1997, conscient du double enjeu de l'extraction des métaux, un industriel de la chimie a contacté CEDILOR, une usine de SARP Industries, filiale de Veolia Propreté. Chaque année, il rejette 5000 à 8000 tonnes d'effluents contenant du zinc et du nickel qu'il souhaiterait extraire.

En partenariat avec l'université de Metz, CEDILOR lance une étude dont l'objectif est de passer en revue les différentes techniques de séparation des métaux de déchets très hétérogènes. Veolia Environnement identifie dans le même temps des acteurs capables d'utiliser les métaux valorisés.

Transformer de la boue en or

Après deux ans de recherche, un procédé est mis au point, par fixation sur résine en milieu chlorure, puis extraction sous forme hydroxyde. Après trois ans de tests en unité préindustrielle, et validation des paramètres économiques, il est développé à échelle industrielle.Trois brevets sont déposés. Depuis, Veolia Environnement extrait 600 tonnes de résidus métallifères par an de déchets et d'effluents.
Cette innovation ouvre la voie à des recherches sur l'extraction d'autres métaux.

« Le zinc et le nickel extraits d'effluents métallifères peuvent être utilisés aujourd'hui aussi bien dans la production d'alliages et d'aciers spéciaux que dans la fabrication de produits chimiques ou de systèmes catalytiques. Par rapport à des minerais de métaux, ils présentent l'avantage de permettre une réutilisation directe dans le process, sans passer par des opérations de raffinage. Cela occasionne un gain de temps et d'importantes économies d'énergie, ce qui est conforme à la politique de Veolia en faveur du développement durable. »
Pascal Muller, directeur de CEDILOR et responsable à l'époque du projet sur "la valorisation des métaux" au Centre de recherche sur la propreté de Veolia Environnement