Média
16 décembre 2009

Le procédé ATHOS™

Chaque année, en France, sans même le savoir, nous produisons indirectement 1,1million de tonnes de boue (soit environ 22kg individuellement) en consommant de l'eau potable, qui, après utilisation, rejoint les eaux usées traitées en station d'épuration. Ce traitement de l'eau produit des déchets d'assainissement : les boues. Or les solutions de traitement de ces déchets ne sont pas forcément adaptées à toutes les collectivités. Depuis les années 90, la R&D de Veolia a lancé des recherches afin d'inventer des technologies de traitement des boues d'épuration qui soient à la fois viables économiquement et écologiques. C'est chose faite avec l'exemple du procédé ATHOS™ recourant à l'Oxydation par Voie Humide (OVH).

Le procédé ATHOS™ une aubaine pour traiter les boues urbaines

Les boues d'épuration issues des eaux usées industrielles et urbaines apparaissent depuis les années 90 comme un réel enjeu. Cette prise de conscience a coïncidé avec un renforcement de la législation.
Les traitements thermiques, le stockage et la valorisation économique sont les trois solutions au problème des boues urbaines mais ces solutions ne sont pas applicables partout, pour des raisons règlementaires, géographiques ou agronomiques.

Quand la recherche s'enflamme pour la combustion sans flamme

Dès 1990 des chercheurs de la R & D Veolia identifient les techniques existantes adaptables à la problématique spécifique des boues urbaines.
En 1996, après un long travail de tests et d'adaptation, un système pilote est construit au Centre de recherche sur l'eau de Veolia permettant de valider les questions d'ingénierie et la viabilité du procédé.
En 1998, une unité pilote préindustrielle est construite afin de passer à la phase d'exploitation industrielle en toute sécurité. Dans le cadre du programme « Life Environnement », la Communauté Européenne assure une partie du financement, de même qu'en France, l'ADEME (1) et les agences de l'eau soutiennent le projet.
La Direction Veolia Eau Solutions et Technologies, la Direction Technique et la R&D travaillent ensemble durant quatre ans pour voir fonctionner à Toulouse un prototype démontrant la possibilité d'exploiter ce procédé à l'échelle industrielle.
En 2002, c'est la consécration avec le choix de la mairie de Bruxelles de doter son agglomération de la 1ère station d'épuration à inclure le procédé ATHOS™ d'Oxydation par Voie Humide.

(1) Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie

Une solution propre : l'oxydation par voie humide

Les boues sont mises en contact avec un gaz oxydant (l'oxygène) qui va dégrader leurs matières organiques. L'oxydation de la matière organique de la boue donne de l'eau, du gaz carbonique et des composés organiques facilement biodégradables. Les gaz dégagés pendant l'opération sont relâchés dans l'atmosphère après un traitement spécifique. Ainsi, un réacteur ATHOS™ dimensionné pour une ville de
30 000 habitants ne pollue pas plus qu'un gros camion. Et la chaleur dégagée par ce phénomène est récupéré pour préchauffer les boues, ce qui permet d'atteindre un équilibre thermique ! Quant au résidu de l'oxydation, c'est un solide minéral recyclable dans la production céramique (tuiles, briques, faïence, etc...).

« L'oxydation par voie humide sur laquelle est basée le procédé ATHOS™ produit un résidu minéral, le « technosable ». Des études et des essais sont en cours au Centre de recherche pour lui trouver des applications dans l'industrie du bâtiment, notamment en remplacement de certaines matières premières comme l'argile. (...) Ainsi grâce à ATHOS™, rien ne se perd, tout se transforme ! »
Malik Djafer, responsable des études chez Veolia Eau à la banlieue de Paris, et responsable à l'époque du programme ATHOS™ au Centre de recherche sur l'eau de Veolia