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22 avril 2013

Le procédé COLIPLAGE®

La mer est pour beaucoup synonyme de vacances mais la qualité de son eau peut être un casse-tête pour les maires de stations balnéaires. Si l'eau est momentanément polluée, eux seuls peuvent décider d'ouvrir ou de fermer leurs plages... avec des conséquences sanitaires ou économiques non-négligeables. En 2003, l'Association Nationale des Elus du Littoral (ANEL) a demandé à Veolia d'améliorer les tests de recherche de pollution.La R&D de Veolia a mis au point un procédé d'identification des bactéries grâce à un réactif fluorescent visible au bout d'1 heure seulement : le procédé COLIPLAGE®.

Un problème aquatique... apparemment insoluble

La mesure de la qualité de l'eau sur les plages françaises est assurée par la DDASS (1) dont les agents utilisent la technique d'analyse par microplaques (ISO 9308-3). Bien qu'efficace, ce test a un inconvénient de taille : ne livrer ses conclusions qu'après 36 heures. Par ailleurs, les analyses sont faites de manière ponctuelle et non tous les jours.
Consciente de ce problème et soucieuse d'anticiper le durcissement de la règlementation européenne, l'ANEL a interrogé Veolia en juin 2003.

(1) Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales

Un océan d'opportunités

Pour répondre à ce cahier des charges ambitieux, Veolia eau a demandé au Centre de recherche sur l'eau, en charge du projet, de mettre au point des analyses pouvant être pratiquées par un personnel non spécialisé et en moins de 4h.
En 2003 et 2005 sont déposés deux brevets pour un procédé, appelé COLIPLAGE® (en référence à la bactérie), qui permet de détecter en une heure, la contamination de l'eau.
En 2004, 12 communes pilotes participent à la phase de test du protocole d'analyse et permettent de l'améliorer. Parallèlement la mise en place par Veolia d'un dispositif de gestion des incidents inscrivant COLIPLAGE® dans un outil global est saluée par le Ministère de l'écologie dès 2004.
En 2007 le dispositif COLIPLAGE® a permis de surveiller 152 plages.

Toute la lumière sur la fluorescence

Escherischia coli est le nom de la bactérie indicatrice de la contamination fécale de l'eau et d'autres micro-organismes pathogènes, actuellement indécelables par des mesures directes.
Le procédé COLIPLAGE® utilise les propriétés d'une enzyme produite naturellement par cette bactérie. Pour détecter l'activité de cette enzyme (la Beta-D-glucuronidase), on utilise une substance artificielle (le Mu-Glu) qui se dégrade à son contact.
Cette dégradation libère une molécule ayant la propriété d'être fluorescente sous rayons UV.
Une apparition rapide de fluorescence traduit donc une activité enzymatique élevée, résultante d'une présence massive de bactéries E.coli,... et donc une contamination de l'eau de la baignade.

« En recherche, comme partout ailleurs, on trouve plus vite les bonnes idées à plusieurs. (...)
En interrogeant le réseau de Veolia, nous avons appris (...) que les Norvégiens avaient développé dix ans auparavant une technique pour évaluer le degré de contamination de l'eau de mer. Notre principale tâche a été de transformer cette méthode d'analyse sophistiquée en une méthode de terrain facilement utilisable à grande échelle et pouvant être déployée très rapidement.(...) Nous avons développé un partenariat avec deux équipes universitaires : l'Observatoire océanologique de Banyuls et l'Université libre de Bruxelles. (...) La force de Veolia, c'est de s'appuyer sur les compétences de chacun pour inventer une nouvelle technologie répondant à un besoin non satisfait : dans le cas de COLIPLAGE® une connaissance au quotidien de la qualité de l'eau. »
Anne-Sophie Lepeuple, microbiologiste et reponsable à l'époque du procédé COLIPLAGE®