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17 septembre 2013

Nemer Al Shebel, codirecteur du RCBU : Une collaboration étroite, un engagement complet

Depuis 2008, la National Water Company (NWC), qui s'est dotée de filiales spécialisées selon la région et la nature des besoins, à l'image de la Riyadh City Business Unit (RCBU), s'appuie sur les compétences de Veolia Eau pour développer et organiser le réseau d'eau potable et d'assainissement de la capitale. Cinq ans après la signature du contrat de cogestion, Nemer Al Shebel dresse un premier bilan.

Quels sont les résultats marquants de ces cinq ans de partenariat ?

Je les résumerai par un chiffre : 100 000. En février dernier, nous avons célébré le 100 000e branchement au réseau d'assainissement réalisé depuis le début du contrat. C'est une réussite.

Derrière ce chiffre de 100 000 branchements, il y a la construction de tout un réseau de canalisations : 2 300 kilomètres de conduites ont été nécessaires pour les raccorder aux stations d'épuration Manfouha et Al- Kharj. À ce jour, 68 % des usagers sont reliés au réseau d'assainissement, soit 270 000 foyers (contre 170 000 avant 2008).

Côté eau potable, le réseau s'est fortement développé et amélioré ces quatre dernières années. Il s'étend désormais sur 14 000 kilomètres, avec 400 000 foyers raccordés.

Quels sont les moyens et dispositifs mis en place ?

Nous avons mis en œuvre d'importants travaux pour accélérer les branchements aux réseaux et réduire les impacts environnementaux. Grâce à l'optimisation du rendement des usines de traitement, nous produisons aujourd'hui de l'eau de qualité en plus grande quantité et en flux continu. Il faut reconnaître que les challenges à relever étaient complexes, c'est pourquoi nous avons signé ce contrat avec un opérateur qui dispose de l'expérience nécessaire.

Avec notre partenaire Veolia, nous avons atteint une grande partie de nos objectifs. La clé de notre réussite réside dans cette collaboration étroite, un engagement complet entre nos deux compagnies.

Quels sont les autres défis à relever ?

Aujourd'hui, la demande journalière en eau est de 1 800 000 m3. Pour répondre à l'augmentation des besoins et garantir le service, une usine de dessalement est en cours de construction et sera opérationnelle en 2014. Mais ces projets de grande envergure coûtent cher. Près de 500 millions d'euros !

Une autre manière de garantir le service, et dans le même temps de réaliser des économies, est de promouvoir une gestion économe de l'eau. Nous essayons par exemple de lutter tous les jours contre les fuites, qui représentent 17 % des volumes distribués. En plus de l'installation d'équipements sophistiqués sur le réseau, nous avons augmenté le nombre d'équipes chargées de repérer les fuites. Depuis deux ans, nous avons installé 2 700 compteurs dans une zone pilote, le quartier d'Al-Moroujh. Grâce à un système de télérelevé automatisé, on peut mieux détecter les anomalies, les fuites ou les consommations élevées.

Nous devrions généraliser cette expérience dans tout Riyad. On est sur la bonne voie.

Dépenser massivement dans les infrastructures c'est bien, mais agir sur le comportement des usagers disposant de ce nouveau confort l'est tout autant. Qu'en pensez-vous ?

Absolument ! Il faut empêcher les usagers de gaspiller l'eau et les inciter à mieux gérer leur consommation.

Pour cela, il est important et urgent d'imposer des règles. Les usagers doivent vraiment changer leurs habitudes. L'eau qui alimente Riyad provient de la mer, située à 400 kilomètres. Sans oublier que la capitale se trouve à 600 mètres d'altitude, ce qui engendre des coûts élevés en matière de production, de maintenance et d'acheminement. Il faut sensibiliser la population là où ça fait mal.

Qu'entendez-vous par là ?

Je veux dire « au cœur » ! Expliquer à l'usager que l'eau économisée aujourd'hui doit servir à la future génération.

On le sait, l'eau est devenue un enjeu politique et stratégique ces dernières années. Elle peut être facteur de tension dans la région.