Média
16 décembre 2010

Shanghai : l'harmonie entre santé et environnement

Découvrez l'évolution des liens entre environnement et santé dans le contexte chinois.

Dans l'étude menée par Veolia sur les modes de vie urbains, les habitants de Shanghai font de l'environnement leur première préoccupation. Un choix qui n'étonne pas Vincent Deubel, directeur général de l'Institut Pasteur de Shanghai, même s'il tient à préciser le sens des liens entre environnement et santé dans le contexte chinois.

Avec déjà 18 millions d'habitants, Shanghai continue de croître, rapidement. Rien que cette année, on attend 130 000 naissances ! Se posent alors les problèmes de logement, de pollution, de santé et d'éducation...

Mais la ville n'a pas droit à l'erreur, l'exposition universelle de 2010 s'y tiendra. Vitrine face au monde, elle se doit, pour ses autorités, d'être exemplaire.

Les maladies bénignes sont rares

Pour Vincent Deubel, la spécificité des grandes villes chinoises, comme Shanghai, c'est la juxtaposition des outils modernes, comme un service d'eau performant, avec ceux de la tradition, comme le ramassage de poubelles à l'ancienne, qui fait travailler des nuées de travailleurs des rues. C'est aussi les classes moyennes fortement urbanisées, qui cohabitent avec les nouveaux migrants, arrivés en masse avec leurs habitudes de la province, la promiscuité, le peu d'hygiène en général, la coutume de cracher dans les rues.

« Alors, à Shanghai, comme partout en Chine, remarque Vincent Deubel, le concept majeur, c'est l'harmonie. On peut juger les conditions d'hygiène préoccupantes selon une vision occidentale, mais, pourtant, les maladies bénignes sont rares. Les habitants sont largement immunisés contre les principaux microbes qu'ils peuvent rencontrer ici, parce qu'ils ont conservé une grande partie de leurs modes de vie. Le risque, c'est la rupture de cette harmonie, c'est le virus nouveau, venu de l'extérieur, celui contre lequel on n'est pas immunisé naturellement, comme le virus H5N1 ou de la fièvre jaune, ou qui peut survenir avec le changement climatique, le virus de la dengue, par exemple.

Comment, alors, vacciner et soigner une population si nombreuse?», précise Vincent Deubel, « depuis le Sras, les autorités se sont organisées, à l'échelle et avec les moyens du pays. » Effectivement, un système d'alerte très fortement structuré couvre tous les villages, les villes et les provinces aujourd'hui. Les pouvoirs publics pourraient détecter les risques et prendre des mesures conséquentes en cas de problème grave. Le pays se dote d'équipements médicaux très sophistiqués, de moyens de détection, de connaissance et de recherche sur ces nouveaux virus, en harmonisant les pôles de compétence.

Comportements et infrastructures sont liés

Vincent Deubel le souligne : « Les autorités chinoises sont absolument capables de construire des infrastructures, que ce soit pour le traitement de l'eau, celui des déchets, voire lutter contre la pollution automobile; l'important ce ne sont pas tant ces infrastructures que les comportements des utilisateurs ! À quoi bon des salles de bains modernes si vous n'utilisez pas de savon? La formation et l'éducation sont au centre de tout. La culture doit évoluer au rythme des infrastructures ; c'est encore une fois une question d'harmonie, le maître-mot de cet énorme système."