Média
9 mai 2011

Veolia Eau au Bangladesh : un projet de social business en marche

Deux ans après la mise en route de l'usine de production d'eau potable de Goalmari (Bangladesh) en juin 2009, Grameen Veolia Water poursuit son projet de social business. Décryptage des habitudes de consommation des populations, identification des freins socioculturels, confrontation de la théorie avec la réalité locale... Les enseignements tirés des toutes premières phases de ce projet de long terme sont déjà nombreux.

Né de la rencontre en 2008 entre Antoine Frérot, P-DG de Veolia Environnement, et Muhammad Yunus, docteur en économie et prix Nobel de la paix 2006, ce projet a une vocation claire : apporter un progrès social réel à des populations rurales défavorisées du Bangladesh, en appliquant le modèle innovant du social business à l'alimentation en eau potable.

Son objectif ? Desservir, d'ici à 2012, deux groupements de villages, Goalmari Union et Padua Union, en eau potable pour leurs besoins essentiels et à un prix adapté au niveau de vie des populations. Pour atteindre cet objectif, Grameen Veolia Water a dû avancer pas à pas, confrontant en permanence la théorie avec la réalité locale, sur un mode de « recherche-action » éprouvé par l'Essec, partenaire clé dans ce projet.

S'adapter à chaque étape

Ce projet comporte plusieurs phases jusqu'en 2012. En 2009, la construction de l'usine de production d'eau potable et du réseau d'alimentation (12 bornes-fontaines) à Goalmari Union (20 000 habitants) plaçait déjà quelque 5 000 habitants à moins de 250 mètres d'un point d'eau. En 2010, les équipes de Grameen Veolia Water étendait le réseau à une partie du village voisin de Padua Union (20 000 habitants). La capacité de production de l'usine était augmentée et les points d'eau rapprochés à 50 mètres des habitations.

Le réseau dessert aujourd'hui 15 % de la population de la zone ciblée. Sur le premier périmètre (Goalmari Union), 9 % des habitants consommaient l'eau produite par Grameen Veolia Water. Grâce aux ajustements réalisés dans la deuxième phase du projet, la distribution sur le second périmètre du projet (Padua Union) s'est nettement améliorée : 42 % des habitants y consomment aujourd'hui l'eau du réseau.

Au programme des prochaines étapes courant 2011, de l'eau potable sera bientôt conditionnée en bonbonnes dans une nouvelle usine en cours de construction. L'eau sera vendue à la capitale, Dhaka. Cette action complémentaire vise à équilibrer l'économie globale du projet et à permettre de poursuivre son développement de manière autonome.

Une équipe d'anthropologues dédiée

Une équipe d'anthropologues spécialistes du Bangladesh, le Drishti Research Center, a été missionnée par Veolia Eau pour réaliser une étude in situ. Son rôle ? Apporter des éléments de compréhension sur la perception des aspects sanitaires par les populations, les relations entre les communautés, la hiérarchie sociale, le rôle des femmes, l'influence de ces mécanismes sociaux sur les modes de consommations... Les conclusions intermédiaires de l'étude ont déjà permis à l'équipe projet d'envisager de nouvelles pistes d'améliorations et à réussir l'extension de la distribution sur l'ensemble de la zone ciblée.

Parce qu'il nécessite des changements de comportement profonds, ce projet s'inscrit dans la durée. À terme, il vise à fournir de l'eau potable à 100 000 Bangladais.