Média
13 janvier 2015

Brésil : L’économie circulaire stimule la filière cellulose

Dans la microrégion de Três Lagoas (État du Mato Grosso do Sul), la monoculture d’eucalyptus et la production de cellulose connaissent un essor spectaculaire.

Le plus grand fabricant de pâte à papier du monde, Fibria, s’est engagé avec Veolia dans un processus de transformation et de valorisation des déchets minéraux.
 
Brésil - filière cellulose

À travers la signature d’un contrat fondé sur les principes de l’économie circulaire, en 2011, Veolia et Fibria sont devenus des références mondiales dans la gestion des déchets issus des industries de la pâte à papier. Pour l’opérateur, la mission consiste à convertir en correcteurs d’acidité du sol 100 % des déchets minéraux issus de la production de cellulose des deux usines de Fibria, Jacarei-SP et Tres Lagoas-MS.

"Le partenariat avec Veolia nous donne accès à un ensemble d’alternatives et de technologies", souligne Paulo Gaia, directeur général de l’usine de Jacarei.

 

Pierre Casabonnet, directeur technique et des opérations, Veolia Brésil

Pierre Casabonnet, directeur technique et des opérations Veolia Brésil

Pierre Casabonnet, directeur technique et des opérations, Veolia Brésil

> Quels bénéfices retire Fibria des solutions apportées par Veolia pour réduire ses impacts environnementaux ?

Veolia a mis en place un procédé de transformation des déchets issus de la production industrielle en un nouveau produit, le correcteur d’acidité des sols, que Fibria utilisera dans ses propres plantations d’eucalyptus. En d’autres termes, il s’agit d’un cycle court de réutilisation des déchets, qui respecte les critères de l’économie circulaire et réunit tous les bénéfices environnementaux, économiques et techniques, sans oublier la création d’emplois.
 


> Comment réutiliser les déchets organiques ?

Nous avons proposé à Fibria de travailler sur le recyclage des boues pour les valoriser en énergie. Elles sont constituées de déchets humides qui, une fois traités et transformés, serviront de source d’énergie, elle-même employée dans le processus de production de la cellulose.
 

> Pensez-vous diversifier et commercialiser les produits fabriqués à partir de déchets ?

La vente est une option envisagée, en particulier à Tres Lagoas ou la production sera augmentée. Fibria ne pourra sans doute pas absorber elle-même 100 % de ses produits, mais nous pouvons compter sur d’autres débouchés dans la région, notamment plusieurs plantations d’eucalyptus. L’idée est précisément de fabriquer des produits qui pourront être commercialises.
 

Paulo Gaia, directeur général de l’usine Jacareí, Fibria
 

Paulo Gaia

Paulo Gaia, directeur général de l’usine Jacareí, Fibria

> Quels gains Fibria a-t-elle obtenus en réutilisant ses déchets ?

En termes économiques, les bénéfices sont importants. La suppression du transport vers les centres d’enfouissement a rendu inutile la construction d’une nouvelle  structure de stockage. Et réduit donc d’autant nos investissements. Par ailleurs, le fait de ne plus recourir à l’incinération de nos déchets a diminué notre impact environnemental. Enfin, nous avons remplacé le calcaire, utilise pour le traitement des sols de nos plantations, par un correcteur fabrique par Veolia, d’où une baisse appréciable de nos coûts d’achats. En résumé, nous avons augmenté la part du recyclage et crée des emplois.
 

> Quels sont les objectifs de Fibria en termes de réutilisation des déchets ?

Nous visons le long terme et le ≪ zéro déchet ≫. Le recyclage et la réutilisation des déchets sont donc des enjeux très importants, qui conditionnent la réussite de ces objectifs, solidement ancres dans les fondamentaux du développement durable de la société. Les trois piliers sont bien là. Economique, par la réduction des coûts et des investissements. Environnemental, avec une réutilisation des déchets dans les plantations forestières que nous cultivons, d’où un aspect plus écologique. Social, enfin, car la réutilisation des déchets garantit la pérennité à long terme de l’entreprise et favorise donc la création d’emplois dans la région. En quelque sorte, la boucle est bouclée.
 

Enjeux

  • La réglementation brésilienne, avec des normes de rejet renforcées et des incitations fortes en faveur de la diminution du prélèvement de la ressource, impose à l’industrie papetière de s’intéresser aux solutions de valorisation matière de ses déchets, à la valorisation énergétique de ses effluents…
     
  • Une loi fédérale oblige tout planteur d’eucalyptus à revitaliser une superficie correspondant à au moins 20 % de celle utilisée à des fins industrielles.

 

Objectifs

  • Réduire de 91,5 % la mise en centre d’enfouissement des déchets issus du processus de fabrication de la cellulose, d’ici à 2025.
     
  • À plus long terme, viser le « zéro déchet ».
     
  • Augmenter la capacité de production de cellulose de l’usine de Três Lagoas pour atteindre 3 millions de tonnes.
     

La réponse Veolia

  • Mise en place d’un procédé de transformation des déchets issus du processus de fabrication de la cellulose en un correcteur d’acidité des sols.
     
  • slide 1 - Focus Brésil - Planet 5
  • slide 2 - Focus Brésil - Planet 5
  • slide 3 - Focus Brésil - Planet 5




La production de cellulose au Brésil


Grâce à des conditions géographiques extrêmement favorables, l’industrie brésilienne de la cellulose est l’une des plus performantes sur le plan international. La qualité des sols et la facilité d’adaptation des essences d’eucalyptus y sont pour beaucoup. 
 

≪ Au Brésil, le cycle de production d’eucalyptus est le plus rapide
au monde.  Ici, le processus dure de six à sept ans à partir de la plantation de l’arbre, alors qu’en Europe du Nord, par exemple, les cycles de croissance des pins sont beaucoup plus longs, de quinze à vingt ans≫, explique Pierre Casabonnet.

 
PLANET #décembre 2014/janvier-février 2015
PDF - 5.73 MB

Ces facteurs environnementaux permettent au Brésil d’occuper une position extrêmement favorable et compétitive sur le marché mondial de la cellulose.
Décidée à tirer parti de cet atout, Fibria envisage d’accroitre la production dans son usine de Tres Lagoas, de 1,3 million de tonnes à 3 millions de tonnes. Pierre
Casabonnet précise : ≪ Fibria étudie avec Veolia des solutions permettant d’utiliser le surplus de déchets généré par l’accroissement du volume de production. ≫

Retrouvez l'intégralité de cet article dans notre magazine Planet.