Antoine Frérot au 5ème Sommet de l'Économie du magazine Challenges : “l'entreprise a un rôle positif à jouer envers la société”

Les 6 et 7 décembre au Palais de Tokyo à Paris, responsables d’entreprise et responsables politiques se sont réunis autour du thème « Réconcilier les deux France ». Les débats  ont porté sur trois fractures - sociétale, entrepreneuriale et digitale - et sur la nécessaire réconciliation entre métropoles et territoires.

Antoine Frérot

Dans un environnement économique et social en pleine mutation, marqué par le bouleversement des relations entre la société civile et les entreprises, ces dernières sont de plus en plus questionnées : sur leur contribution à l’intérêt général ; sur leur volonté de servir toutes leurs parties prenantes, et non pas quelques-unes ; sur leur capacité à préparer le long-terme.

 

« Il faut imaginer un nouveau paradigme de l’entreprise »

Lors de son intervention sur le thème “A qui sert l’entreprise ?”, le PDG de Veolia, Antoine Frérot a rappelé qu’« il y a 150 ans, la vision de l’entreprise était patrimoniale, elle est ensuite devenue managériale et depuis 40 ans, elle est devenue actionnariale, avec un seul objectif : optimiser son bénéfice. C’est pourquoi l’accroissement des richesses a été inégalement réparti. Il faut aujourd’hui imaginer un nouveau paradigme de l’entreprise. Une entreprise qui sert différentes parties prenantes, qui elles-mêmes s’y engagent, s’y impliquent et y prennent des risques : les actionnaires, les salariés, les clients, les fournisseurs, les territoires et même les générations futures. C’est cette vision de l’entreprise fondée sur la performance globale qu’il faut concevoir et mettre en œuvre »

De nouveaux enjeux collectifs surgissent, que les pouvoirs publics ne peuvent traiter seuls : la protection de l’environnement, les conséquences de la mondialisation, l’insertion des jeunes. L’entreprise doit donc elle aussi apporter des éléments de solution. Dans ce cas, elle sert alors l’intérêt général et pas seulement des intérêts particuliers.

 

La « raison d’être de l’entreprise », pour une nouvelle définition de la réussite économique

En France, la Loi PACTE, votée en première lecture à l’Assemblée Nationale, propose que l’entreprise soit gérée “en considérant les enjeux sociaux et environnementaux” et que son objet social puisse préciser sa raison d’être.

« Définir la «raison d’être de l’entreprise», c’est répondre aux questions suivantes : en quoi est-elle utile, qu’est-ce qu’elle veut faire et comment veut-elle le faire? Quels sont les principes de répartition - entre ses différents objectifs et ses parties prenantes - des richesses qu’elle crée ? En faisant évoluer les objectifs de l’entreprise, une nouvelle définition de la réussite économique émergera, plus large et plus en phase avec les attentes, grâce à une mesure de sa performance globale et plurielle », a conclu Antoine Frérot.