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Antoine Frérot à Investir Day 2021 : « Nous avons un atout décisif pour réussir notre rapprochement avec Suez : les cultures des deux entreprises sont très proches, nos façons de voir le métier et son avenir sont similaires. »

La 3e édition d’Investir Day a réuni - en ligne (du 15 au 22 novembre) et au Palais Brongniart à Paris (23 novembre) - des actionnaires, des investisseurs individuels et des dirigeants de grands groupes cotés. L’occasion pour Veolia d’évoquer la première étape de son projet de rapprochement avec Suez pour devenir le champion mondial de la transformation écologique.

 

Le rapprochement entre Veolia et Suez se réalisera d’ici la fin de l’année dès l’obtention des autorisations de l'Union Européenne. Mais selon le PDG de Veolia Antoine Frérot, le plus important reste à faire : tenir la promesse de la transformation écologique. 

 

Pour relever ce défi, il faut accélérer le déploiement des solutions qui existent déjà et inventer celles de demain. En additionnant nos deux savoir-faire, nous pouvons accélérer le recyclage des plastiques et la réutilisation des eaux usées qui aujourd’hui ne dépasse pas 2% dans le monde. Il faut aussi accélérer l'efficacité énergétique partout où cela est possible. 
Et pour inventer l'autre moitié des solutions dont nous avons besoin pour la transformation écologique, nous irons plus vite ensemble. Par exemple recycler les batteries de véhicules électriques en réutilisant le lithium, le cobalt, le nickel et le zinc ; ou améliorer la qualité de l'air dans les bâtiments ; ou encore capturer et réutiliser le carbone.

Multiplier nos forces d'innovation et nos ressources financières

Ce rapprochement démultiplie les forces d'innovation et les ressources financières du nouveau Groupe. Dans le secteur des services à l'environnement, l'effet d'échelle est une clé de l'efficacité. Avec Suez, Veolia atteindra 5% de part de marché au niveau mondial. Et dans ce métier, les concentrations vont commencer car les besoins augmentent.

 

La concurrence chinoise est vive car pour les autorités de ce pays, le problème de l'environnement limite désormais le développement économique. Parmi 5 entreprises chinoises dans notre secteur, 2 sont déjà incitées à intervenir à l’export. Et le marché chinois est si important que ces entreprises vont se développer très rapidement. Par exemple dans le ferroviaire, en moins de 30 ans, Alstom a été largement dépassé par China Railroad Rolling Stock Corporation (CRRC). On constate déjà que le n°2 des déchets en Allemagne est chinois, comme l'usine de déchets d’Issy-les-Moulineaux en France.

Co-inventer des solutions technologiques, sociales, sociétales et partenariales

La réussite de la transformation écologique passera par les innovations technologiques, sociales, sociétales et partenariales du Groupe. Des exemples : le plastique recyclé doit offrir les mêmes garanties que le plastique vierge aux fabricants de bouteilles ; pour extraire les métaux des batteries en fin de vie, Veolia utilise avec Solvay les mêmes procédés d'hydrométallurgie que les fabricants de batteries neuves ; traiter les micropolluants exigent désormais des technologies de pointe ; et dans les biotechnologies, il faut en moyenne 8 ans entre l’innovation et son déploiement sur le marché. C'est pourquoi Veolia construit de nombreux partenariats avec des start-up pour accélérer ses process d'innovation.

 

Antoine Frérot a conclu, répondant aux questions d'actionnaires individuels sur le rapprochement de Veolia avec Suez :

Nous avons un atout pour réussir ce rapprochement : les cultures des deux entreprises sont très proches et nos manières de voir le métier et son avenir sont similaires. Les équipes dirigeantes seront mixées de manière équitable. D’ici mi 2022, l'agrégation culturelle et managériale sera achevée. Et nous nous donnons 4 ans jusqu'en 2026 pour agréger nos résultats et en extraire toute la valeur.
Pour y parvenir, je m'appuie sur une vision élargie de l'entreprise : une entreprise n’est prospère que si elle est utile à toutes ses parties prenantes. Si l’une de ses parties prenantes s'éloigne d'elle, l’entreprise s'affaiblit durablement. Le résultat net par action n'est pas suffisant dans ma vision élargie de l'entreprise.

La transformation écologique, c'est d'abord investir

Interviewé le 18 novembre sur le rapprochement Veolia-Suez, Claude Laruelle, directeur général adjoint en charge des finances de Veolia a présenté le calendrier et le financement de ce projet :

« Le 30 juillet 2020, Engie a mis en vente sa participation dans Suez. Les complémentarités géographiques et de métiers de Veolia et de Suez dans l'eau et les déchets, permettent un effet de taille  de +35%, soit l'équivalent de 10 ans de croissance. Ce rapprochement est un atout décisif pour inventer les solutions de demain et faire face à la concurrence. Aujourd’hui dans 18 pays, nous avons déjà obtenu 11 autorisations. Nous attendons celle de l'Europe à la mi décembre. Puis l'AMF nous donnera une notification pour une période de vente des actions de Suez. Et nous prévoyons une sortie de Suez de la cote en février 2022. Cette opération financière s’appuie sur une dette hybride, sur une augmentation de capital de 2,5 milliards d'euros, et sur la vente des actifs du nouveau Suez à Meridiam. Elle préserve les capacités d'investissement de Veolia avec un ratio “dette nette sur Ebitda” qui reste inférieure à 3. En effet, nos actionnaires veulent une entreprise qui peut investir, car la transformation écologique c'est d'abord investir. De plus, les chiffres des 9 derniers mois montrent que nous avons totalement effacé la crise. »


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