PARIS 27.11€ (+0.48%)

Eau potable : la filtration contre les micropolluants du lac Léman

La solution de nanofiltration d’OTV, filiale de Veolia Water Technologies, a été sélectionnée par Lausanne pour améliorer la qualité des eaux du lac Léman, chargées en micropolluants.

Enjeu : Fournir une eau potable de qualité irréprochable tout en anticipant les problématiques futures pour les habitants du Grand Lausanne.

Objectif : Mettre en place un dispositif multi-barrière évolutif pour diminuer la présence de micropolluants.

Réponse Veolia : S’inscrire dans une démarche R&D collaborative pour traiter les micropolluants et proposer des solutions techniques innovantes et performantes.

Chaque année, 70 millions de mètres cubes d’eau sont prélevés dans le lac Léman, pour alimenter les quelques 350 000 habitants du canton de Vaud. Problème : au milieu des années 2010, la présence de micropolluants, minuscules particules de résidus médicamenteux, herbicides, fongicides et autres inhibiteurs de corrosion est détectée dans le lac. Certains sont cancérigènes, d’autres suspectés de l’être, et « l’effet cocktail » de ces produits sur la santé et l’environnement inquiète.


70 millions de m3 d’eau potable proviennent chaque année du lac Léman
 


Nanofiltration : la première installation multi-barrière d’Europe

Pour traiter ces micropolluants, la ville de Lausanne a opté dès 2015 pour la solution de nanofiltration d’OTV, filiale de Veolia Water Technologies (VWT).

La R&D du groupe Veolia et les équipes Ingénierie de VWT ont été sollicitées pour fournir au service de l’Eau de Lausanne un pilote de nanofiltration. En 2019, lors de l'appel d'offres concernant la construction de l'usine, une équipe de quatre à cinq collaborateurs d’OTV a été mobilisée à temps plein pendant plusieurs mois. Nous avons également fait appel à Wabag, un partenaire local explique Cédric Cathelier, Directeur développement OTV en Suisse. 

Cette solution, la première installation multi-barrière d’Europe, est appliquée à 25 % du débit. "Il y aura d’abord une préfiltration à hauteur de 130 microns, une phase d’oxydation avancée par couplage ozone-eau oxygénée, une filtration sur charbon actif en grain, de l’ultrafiltration, de la nanofiltration avec reminéralisation et enfin une dernière étape de désinfection", complète Cédric Cathelier.

Un contrat signé d’ici l’automne 2021 contre les micropolluants

Prochaine étape : un contrat signé par tous les partenaires d’ici l’automne 2021, inaugurant ainsi la phase de réaménagement de l’usine Saint-Sulpice II sur les cinq prochaines années. À l’horizon 2026, le nouveau dispositif devrait en effet permettre de produire 1,4 md’eau potable de très haute qualité par seconde, contre 1 aujourd’hui. 

La metformine, un antidiabétique qui n’est pas dans la liste rouge des autorités sanitaires passera par exemple de 600 à moins de 100 nanogrammes par litre.

Les autres micropolluants, déjà en dessous de cette limite, seront eux aussi revus à la baisse. L’autre objectif, c’est d’avoir une eau potable biologiquement stable, c’est-à-dire qui ne nécessite plus forcément l’utilisation de chlore pour la désinfection, d’ici 15-20 ans, projette Christophe Mechouk, chef de la division Etudes et Construction du service de l’eau de Lausanne.

OPACARB® FL ouvre la porte à un traitement du chlorothalonil
Breveté en décembre 2020, OPACARB® FL, dernier-né de la R&D Veolia, ouvre la porte à un traitement du chlorothalonil. Repéré par le laboratoire du service de l’Eau de la ville de Lausanne en 2014, ce fongicide utilisé dans l’agriculture ou pour maintenir les terrains de golf dans un état impeccable est suspecté d’être cancérigène.

Valosels, une solution pour valoriser les sels de la récupération des piles

Que faire des sels issus de la récupération des métaux contenus dans les piles ? SARP Industries, filiale de Veolia spécialisée dans le traitement des déchets dangereux, a développé Valosels, une solution d’économie circulaire, pour les traiter.

Certains métaux contenus dans les piles peuvent être récupérés et réutilisés grâce à des procédés hydrométallurgiques. Pour isoler ces métaux, les piles sont trempées dans des bains d’acide qui en dissolvent les composants. Puis une base est ajoutée pour les précipiter. 

Le mélange d’acide et de base qui en résulte produit indirectement des sels. Problème : le rejet de ces sels dans l’environnement entraîne à moyen terme la salinisation des cours d’eaux, avec le risque de déséquilibrer les écosystèmes et de menacer la biodiversité aquatique.
Pour valoriser ces sels, une solution consiste à les recycler en acide et en base : les déchets de la récupération des piles deviennent alors une nouvelle ressource. C’est le but du projet Valosels.

La phase pilote a été initiée en 2018, et SARP Industries prévoit d’investir dans des unités industrielles à l’horizon 2022. Les premiers sites équipés seront ceux qui traitent les piles et devraient inclure la filière des véhicules électriques.