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Antoine Frérot au 6ème Sommet de l'Économie : “en internalisant les coûts de la dépollution, capitalisme et écologie deviennent compatibles ”

Le 6ème Sommet de l'Économie organisé par le magazine Challenges s'est tenu les 3 et 4 décembre au Palais de Tokyo à Paris. Comment « Réinitialiser le capitalisme » et réconcilier économie et écologie, dans un monde en pleine mutation : renoncement au seul objectif de la maximisation des profits aux Etats-Unis, émergence du slogan « Reset capitalism » au Royaume-Uni, et doute sur l'efficacité du système redistributif en France... le PDG de Veolia Antoine Frérot a présenté sa vision lors du débat sur « Les patrons face à l'impératif écologique ».

 

Le capitalisme, face à l'urgence climatique

L’inquiétude face à l’urgence climatique se fait plus présente, notamment chez les jeunes qui, comme le précisait Antoine Frérot dans son introduction, sont la première des générations futures. Mais le pessimisme ne doit pas prendre le pas sur la manière dont on doit envisager l’avenir : des solutions sont déjà disponibles pour réduire les pollutions et leur impact sur l'environnement. Et bientôt d'autres solutions techniques, institutionnelles et de nouveaux modes d'organisation collective, permettront de faire face à cet impératif écologique.

Portrait d'Antoine Frérot, PDG de Veolia
Le capitalisme et la production croissante de biens et de services, répondant aux besoins d'une population qui augmente, sont compatibles avec la préservation de l'environnement, à condition qu’on oblige les producteurs à réparer les pollutions associées à leurs activités. Lorsqu’on connaît les solutions, si l’on impose au producteur de traiter les pollutions, le capitalisme et l'écologie deviennent compatibles.
Antoine Frérot


Pour cela, le coût du traitement des pollutions qui élimine les impacts environnementaux doit être inclus dans les coûts de production. Et lorsque les conséquences environnementales dépassent le cadre de l'entreprise, il faut mettre en place des mécanismes pour que ces coûts externes soient ré-internalisés en respectant le principe pollueur-payeur et dépollueur-aidé.

 

Lorsque polluer coûte plus cher que dépolluer, on va deux fois plus vite pour dépolluer car les acteurs économiques s'alignent immédiatement. C'est ce qui s'est passé pour la pollution de l'eau il y a 50 ans. En intégrant les coûts de la dépollution à la production, la production croissante de biens et de services devient compatible avec la protection de la planète.

La « raison d'être » définit la vision élargie de l'entreprise

Une entreprise n'a pas qu'un seul objectif, mais plusieurs qui répondent aux attentes de ses différentes parties prenantes : actionnaires, salariés et fournisseurs, les territoires dans lesquels elle est implantée, et même les générations futures. La formulation de sa raison d'être oblige l’entreprise à se reposer les questions : “à quoi sert-elle ? à quels grands enjeux mondiaux se propose-t-elle de participer ?” Et si l'entreprise apporte la preuve concrète de son utilité pour de nombreux publics, l’économie de marché prouvera qu'elle est utile.

Quand on demande à la population à qui sert l'entreprise, les gens répondent qu'elle ne sert que les intérêts de quelques-uns. Il est donc urgent d'inverser cette vision si nous voulons retrouver le soutien de la population. Il faut aussi faire en sorte que les mécanismes de récompense de ceux qui contribuent à son fonctionnement tiennent compte des différents publics que sert l'entreprise.
Antoine Frérot

 

En savoir plus :

Responsabilité Sociétale (RSE) de Veolia
> Revoir en replay le débat sur « Les patrons face à l'impératif écologique » à 3h30 du début de la vidéo - 6e édition du sommet de l'économie
Le 6e sommet de l’économie - Challenges