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L'efficacité énergétique à l'épreuve de la crise

Réduction des livraisons de gaz russe, menace de pénurie, inflation... L’Europe aborde une crise majeure tant sur le plan économique qu’énergétique. Des défis qui pourront notamment être relevés grâce au déploiement d’une stratégie d’efficacité énergétique.

Enjeux d'attractivité et de compétitivité, les solutions d'efficacité énergétique de Veolia représentent une formidable opportunité d’asseoir l'indépendance énergétique de l'Union européenne (UE).

Enjeu

Aider les bâtiments et installations industrielles, gros consommateurs de chaleur, de froid, d’éclairage et d’eau chaude, à faire de l’efficacité énergétique un atout d’attractivité et de compétitivité

Objectif

Déployer des services énergétiques permettant de concilier performances énergétique et environnementale

Réponse de Veolia

Proposer des technologies « smart » pour optimiser la consommation d’énergie, et des solutions « renouvelables » pour réduire les émissions de GES

Chiffres clés

140 Mds de m3 Volume de gaz russe importé par l’UE par gazoduc en 2021
(source : AIE)

60 000points de mesure centralisent les données sur l’énergie, l’eau et les déchets au sein du centre de pilotage Hubgrade de Dubaï

44% Part de l’énergie consommée en France par le secteur du bâtiment
(source : ministère de la Transition écologique)

26,6% Part de la consommation d’électricité en France métropolitaine couverte par les EnR au 3ème trimestre 2021
(source : RTE)

Que ce soit sous forme de chaleur, de froid, d’éclairage ou d’eau chaude, les bâtiments tertiaires et les installations industrielles consomment une énergie considérable. C’est là tout l’intérêt de l’efficacité énergétique et de son gisement de solutions opérationnelles, comme en atteste la gestion énergétique optimisée du Mall of the Emirates à Dubaï.

« Grâce à un contrat de performance énergétique exemplaire, un haut niveau d’expertise et d’innovation et une gestion proactive des installations, les solutions d’Enova1 ont permis au Mall of the Emirates de réduire ses émissions de 34 000 tonnes de CO2 », se félicite Azad Kibarian, directeur de la zone Italie et Afrique Moyen-Orient de Veolia.

« Les équipes Enova démontrent que l’on peut garantir les performances énergétiques de l’un des plus grands centres commerciaux au monde tout en assurant à ses 45 millions de visiteurs annuels le confort nécessaire à leur bien-être. » Ce contrat en trois étapes – d'abord l’audit destiné à identifier le comportement énergétique du bâtiment, puis la mise en œuvre des mesures recommandées et, enfin, la conduite et maintenance du site via un centre de pilotage Hubgrade2 – répond aux ambitions des Émirats d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Autant d’avantages considérables – énergétiques comme économiques – que le Groupe a également su déployer en Europe. « Sur le campus de l’université de Parme, qui accueille 32 000 personnes, nos équipes Veolia Siram pilotent un modèle d’efficacité énergétique durable et innovant qui garantit une économie annuelle de la consommation d’énergie primaire de 20%. Le niveau d’économies type sur lequel nous nous engageons en Italie », poursuit-il. Un atout de poids pour affranchir l'UE de sa dépendance au pétrole et gaz russes, « et un argument supplémentaire vis-à-vis de nos parties prenantes ».

« La conduite et la maintenance du Mall of the Emirates à Dubaï – via un centre de pilotage Hubgrade – répondent aux ambitions des Émirats d’atteindre la “neutralité carbone” en 2050. »
Azad Kibarian
Directeur de la zone Italie et Afrique Moyen-Orient de Veolia
Azad Kibarian

Une crise en forme d'opportunité

Des propos qui font écho à ceux de Francisco Silvério Marques, directeur de l’activité Services énergétiques aux bâtiments de Veolia: « L’UE doit relever deux défis majeurs : diminuer les consommations énergétiques et favoriser la production locale d’énergies renouvelables. » Ces défis se retrouvent dans les objectifs du plan ReSource de Veolia à l’horizon 2023, à savoir une augmentation de 5% de la production d’énergie du Groupe au niveau local, et une baisse de 5% de la consommation pour ses besoins propres. Outre les subventions disponibles pour relever ces défis, il rappelle que Veolia met à disposition des fonds « pour que nos pays et nos équipes puissent investir dans ces différents projets ». Par ailleurs, les services énergétiques des bâtiments étant fortement liés à l’approvisionnement en gaz, le volet sécurisation est prépondérant : « Malgré le contexte, nous devons continuer d’alimenter nos clients en chaleur et en électricité. Il s’agit à la fois de sécuriser la quantité des flux et de limiter l’impact de la volatilité des marchés et du retour de l’inflation. »Les solutions d’efficacité énergétique apportent une réponse à cette situation complexe, et contribuent pleinement à l’ambition de souveraineté énergétique de l’UE. « Chez Veolia, nous concourons activement au premier objectif du plan REPowerEU3, qui vise une réduction de 30% de la consommation de gaz dès 2030, et sommes en phase avec le plan d’action de l’Agence internationale de l’énergie4. » Notamment lorsqu’elle recommande une baisse de la température de chauffage dans les bâtiments, soit une économie potentielle de 14 milliards de mètres cubes de gaz.

« Veolia concourt activement au premier objectif du plan REPowerEU3. »

FRANCISCO SILVÉRIO MARQUES

Directeur de l’activité Services énergétiques aux bâtiments de Veolia

Pilotage et performance énergétiques, gains économiques

Flexcity, filiale de Veolia spécialisée dans l’agrégation de flexibilité électrique (voir encadré), se révèle une formidable opportunité en cette période de tensions sur les ressources énergétiques. À défaut de piloter une production solaire ou éolienne par définition intermittente, la solution Flexcity se concentre sur le pilotage de la consommation d’électricité. Un système intelligent doté de nombreux avantages pour les industriels et acteurs du tertiaire qui souhaitent consommer moins ou au meilleur moment. Quant aux centres Hubgrade, ils représentent un remarquable levier de réduction des consommations énergétiques. Par leur vision exhaustive, déportée, et en temps réel du comportement et des performances des équipements, ces centres identifient d’éventuelles anomalies ou opportunités d’économies en déclenchant de facto une action sur le terrain.

Pour Francisco Silvério Marques, leur importance dans la gestion des bâtiments, et leur complémentarité avec les équipes sur site, n’est plus à prouver: « Lorsqu’une dérive est identifiée par un centre Hubgrade, nos opérateurs sur site interviennent immédiatement, par exemple pour remplacer un filtre, lubrifier des éléments mobiles ou vérifier l’étanchéité d’une vanne de régulation. Autant d’éléments peu visibles, mais à fort impact sur la consommation énergétique. Ces actions sont le complément concret des analyses fournies par les Hubgrade. »

Toutes ces solutions de « smart monitoring » ont une même force motrice : l’humain. Sans l’expertise des opérateurs, les données collectées seraient sous-exploitées. Technologie, savoir-faire et investissements sont trois échelons intimement liés. « Ensemble, ils ont un effet démultiplicateur en matière de performance économique et d’efficacité énergétique », conclut-il. Une transition énergétique durable implique un changement de paradigmes, une refonte profonde du cadre du système énergétique, une évolution inédite de ses acteurs, de ses valeurs...

Et, au final, l’humain fera la différence.

4 questions à Adrien Doré,
Directeur France de Flexicity, l'agrégateur de flexibilité électrique, filiale de Veolia

Quel est le principe de la flexibilité électrique ?

Adrien Doré : Elle répond au besoin d’équilibrer à tout moment l’offre et la demande d’électricité du réseau. Avec l’essor des énergies renouvelables – et de leur problème d’intermittence – dans le mix énergétique, la flexibilité électrique prend tout son sens puisque nous sommes capables de piloter intelligemment la demande à défaut de pouvoir agir sur la production.

En quoi répond-elle aux attentes en matière d’efficacité énergétique ?

A.D. : Elle représente le premier pilier de l’efficacité énergétique. La flexibilité électrique permet à nos partenaires, soit de consommer moins, soit de consommer au meilleur moment, afin d’assurer le même service auprès de leurs utilisateurs tout en garantissant un service idoine auprès du gestionnaire du réseau de transport public français (RTE).

Dans le contexte sensible actuel, comment l'industrie se prépare-t-elle à un choc des tensions ?

A.D. : Aujourd’hui, nous observons un changement de paradigme très fort de la part de nos clients, qui adaptent leurs processus opérationnels en fonction du prix de l’électricité. Nos partenaires recherchent avant tout à mieux contrôler leur consommation pour répondre à l’urgence climatique, mais aussi à compenser l’augmentation de leur facture ou à générer des revenus complémentaires pour la faire baisser.

Quelles sont les principales qualités d'un « Ressourceur » Flexcity ?

A.D. : Nos collaborateurs sont des passionnés qui veulent participer à la transition du système électrique. Au-delà des solutions technologiques et numériques que nous apportons dans le cadre de notre R&D, nous accompagnons nos partenaires dans leur réflexion et la modification de leurs modes de production. Le succès de ce type de projet repose sur l'écoute, l'échange et la compréhension profonde des besoins et des attentes de nos clients. C’est ce qui fait notre force.

EcoEnergies crée une unité de récupération du froid GNL dans le port de Barcelone

par Xavier Gil Mañero, dirigeant d’EcoEnergies, joint-venture Veolia et ville de Barcelone

Le GNL (gaz naturel liquéfié) acheminé par méthanier au terminal ENAGÁS de Barcelone arrive à une température de -160 °C, avant de subir un processus de regazéification. Le GNL ainsi chauffé à l’aide d’eau de mer passe de l’état liquide à l’état gazeux, entraînant une perte importante du froid résiduel dans la mer. Grâce au projet porté par Veolia et ses partenaires, ce froid résiduel, à hauteur de 18 MW, considéré comme “perdu”, sera récupéré et réutilisé par la centrale ENAGÁS dès 2023. Dotée d’échangeurs spécifiques, celle-ci fournira du froid liquéfié à -20°C à notre réseau de refroidissement. Nos clients pourront le consommer via des sous-stations d’échange puis il retournera à la centrale d’ENAGÁS pour être refroidi à cette même température négative.

En pleine crise énergétique, le projet présente ainsi l’avantage de réduire la dépendance aux importations de gaz, grâce à une source d’énergie locale en boucle fermée qui bénéficiera aussi bien aux principaux clients du marché de gros Mercabarna qu’aux industriels et acteurs du tertiaire. Quant aux usagers finaux du réseau de froid urbain d’EcoEnergies, soit environ 150 000 personnes réparties sur 1 500 hectares, ils profiteront également de ce “froid vert” réservé à la climatisation. Aux niveaux national et européen, ce projet évolutif peut être reproduit dans toutes les usines de regazéification de GNL. À cet atout de la réplicabilité s’ajoute une économie totale d’émissions de CO2 estimée à 32 205 tonnes et une consommation de froid attendue de l’ordre de 131 GWh par an (56% de Mercabarna).


1. Créée en 2002, Enova est une joint-venture entre Veolia et Majid Al Futtaim, pionnier des centres commerciaux et des établissements de vente au détail au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie.
2. Le Hubgrade est une plate-forme de surveillance et de gestion optimisée des performances énergétiques des bâtiments.
3. REPowerEU est le plan de la Commission européenne visant à rendre l’Europe indépendante des combustibles fossiles russes.
4. Plan en 10 points de l’AIE pour réduire la dépendance de l’Union européenne à l’égard du gaz naturel russe.