À travers son rapport TNFD 2025, Veolia montre comment les enjeux liés à la nature sont progressivement intégrés dans les mécanismes de gouvernance, la stratégie, la gestion des risques et les décisions d'investissement du Groupe.
Le document témoigne d'une évolution importante des pratiques de reporting : la nature n'y apparaît plus uniquement comme un enjeu environnemental, mais comme un facteur structurant de résilience, de performance et de création de valeur à long terme.
La nature devient un enjeu stratégique pour les entreprises
Alors que les entreprises sont de plus en plus exposées aux risques liés au changement climatique, à la raréfaction des ressources naturelles et à l'érosion de la biodiversité, les attentes des investisseurs, des régulateurs et des parties prenantes évoluent rapidement. Dans ce contexte, le cadre TNFD (Taskforce on Nature-related Financial Disclosures) vise à aider les organisations à identifier, évaluer et piloter leurs dépendances, impacts, risques et opportunités liés à la nature. Publiée fin 2023, cette initiative a été lancée conjointement par des entreprises et des acteurs financiers afin d'intégrer pleinement la nature au cœur des décisions économiques.
En se positionnant parmi les premières entreprises françaises à publier ce rapport, Veolia présente à travers son rapport TNFD 2025, la manière dont ces enjeux sont désormais intégrés dans sa gouvernance, sa stratégie, son modèle d'affaires et sa gestion des risques. Plus qu'un rapport biodiversité, le document expose la façon dont le Groupe structure son pilotage de la nature à l'échelle mondiale.
Comprendre la relation entre Veolia et la nature
Veolia dépend intrinsèquement des services que seule la nature peut fournir : le cycle de l'eau pour la production d'eau potable, l'activité microbienne pour le traitement des eaux usées, une biomasse durable pour l'énergie, et les processus biologiques naturels pour plusieurs de ses métiers.
Réciproquement, le Groupe réduit les pressions que ses clients exercent sur l'environnement. En traitant les pollutions, en décarbonant la production et en régénérant les ressources, Veolia s'attaque à trois des cinq grands facteurs(1) d'érosion de la biodiversité identifiés par l'IPBES. Une position unique qui transforme la dépendance envers la nature en opportunité de la protéger.
Une analyse structurée des impacts, dépendances, risques et opportunités
Afin d'aligner son approche sur les recommandations de la TNFD, Veolia a conduit une évaluation fondée sur la méthodologie LEAP (Locate, Evaluate, Assess, Prepare). Cette démarche a permis d'identifier les dépendances du Groupe à l'égard des services écosystémiques, ses impacts potentiels sur la nature, ainsi que les risques et opportunités associés à ses activités et à sa chaîne de valeur.
Les travaux ont notamment conduit à intégrer le risque d'érosion de la biodiversité dans la cartographie globale des risques du Groupe. Ils ont également permis d'identifier des enjeux spécifiques liés à certaines ressources stratégiques, notamment les approvisionnements en biomasse.
En parallèle, l'exercice de double matérialité réalisé dans le cadre du rapport de durabilité 2025 a conduit à l'identification de 42 impacts, risques et opportunités (IRO matériels, dont 21 enjeux environnementaux répartis entre les thématiques de décarbonation, de dépollution et de régénération des ressources. Parmi ces derniers, le Groupe a spécifiquement intégré deux IRO clés directement liés à la protection de la nature et de la biodiversité.
GreenUp 24-27 : le cadre stratégique de la transformation écologique
L'ensemble des travaux présentés dans le rapport s'inscrit dans GreenUp 24-27, le programme stratégique de Veolia. Ce programme repose sur une ambition centrale : concilier progrès humain et protection de l'environnement en développant des solutions capables de répondre simultanément aux enjeux climatiques, à la préservation des ressources et à la protection des écosystèmes.
Le plan est structuré autour de trois priorités :
- décarboner les activités et les territoires ;
- dépolluer les milieux naturels ;
- régénérer les ressources.
Le Groupe présente ces trois axes comme complémentaires et directement liés à la réduction des principales pressions exercées sur la biodiversité.
Préserver la ressource en eau et régénérer les ressources
La ressource en eau constitue l'un des enjeux matériels majeurs identifiés par Veolia. Le Groupe considère ses prélèvements d'eau comme une dépendance, un impact et un risque potentiel, particulièrement dans les territoires confrontés au stress hydrique. Pour répondre à cette problématique, Veolia développe une stratégie articulée autour de la réutilisation des eaux usées traitées, du dessalement, de l'amélioration des performances des réseaux et de la coopération avec les acteurs locaux des bassins hydrographiques.
Cette stratégie se traduit notamment par un objectif de préservation de 1,5 milliard de mètres cubes d'eau douce à l'horizon 2027.
La régénération des ressources constitue le second volet de cette ambition. À travers ses activités de recyclage, de valorisation matière et de valorisation énergétique, Veolia entend limiter le recours aux ressources vierges et développer les modèles d'économie circulaire. Cette stratégie s'appuie notamment sur le recyclage des plastiques, des métaux, des papiers, des cartons et des batteries.
Dépolluer pour protéger les écosystèmes
Veolia développe ses activités dans les domaines du traitement des polluants émergents, et des déchets dangereux. Le Groupe prévoit de traiter 9 millions de tonnes de déchets dangereux et de polluants à l'horizon 2027.
Parallèlement, afin de limiter les impacts potentiels de ses propres activités, Veolia applique la hiérarchie d'atténuation ERC (Éviter, Réduire, Compenser) et déploie des plans d'action sur les sites présentant les enjeux écologiques les plus significatifs. En 2025, 154 sites sensibles faisaient l'objet d'un suivi spécifique dans le cadre de cette démarche. Le Groupe vise également 95 % de sites sans utilisation de produits phytosanitaires et 95 % de sites sous gestion écologique d'ici 2027.
Innovation, compétences et mobilisation de la chaîne de valeur
Veolia dispose de 26 laboratoires et centres de recherche, mobilisant plus de 645 chercheurs et experts. Les dépenses consacrées à la recherche et à l'innovation ont dépassé 194 millions d'euros. Les travaux portent notamment sur les technologies de traitement de l'eau, la valorisation des déchets dangereux, le recyclage des métaux stratégiques issus des batteries et l'utilisation de l'intelligence artificielle pour améliorer l'efficacité opérationnelle.
Le Groupe cherche également à embarquer sa chaîne de valeur dans cette dynamique. Sa politique d'achats responsables inclut notamment un engagement de zéro déforestation pour les approvisionnements en biomasse forestière dont le Groupe a le contrôle opérationnel. En 2025, l'ensemble de la biomasse bois utilisée par Veolia était tracée et 87 % était déjà certifiée. L’objectif à 2027 est d’atteindre 100% de certification.
Une gouvernance intégrée des enjeux liés à la nature
L'intégration des enjeux environnementaux repose sur une organisation mobilisant l'ensemble des instances de gouvernance de Veolia.
Le conseil d'administration supervise les orientations stratégiques du Groupe, y compris les objectifs de performance plurielle qui couvrent les dimensions économiques, sociales, sociétales et environnementales. Plusieurs comités spécialisés interviennent dans l'examen des sujets liés à la nature, notamment le comité de la raison d'être, le comité des rémunérations ainsi que le comité des comptes et de l'audit.
Les impacts, risques et opportunités matériels liés à la nature ainsi que les objectifs associés ont été examinés par ces instances puis validés par le conseil d'administration dans le cadre du programme stratégique GreenUp.
Cette gouvernance est relayée par la direction générale, le comité exécutif et un réseau opérationnel de plus de cinquante correspondants biodiversité répartis dans les différentes entités du Groupe. Ces relais sont chargés de déployer les plans d'action biodiversité et d'assurer le suivi des engagements environnementaux sur le terrain.
La prise en compte de ces enjeux est également intégrée aux mécanismes de rémunération variable des dirigeants et cadres du Groupe, illustrant la volonté de Veolia d'inscrire la performance environnementale au cœur de ses dispositifs de pilotage.
Rapport TNFD 2025
(1) 1. les changements d’usage des terres et des mers, 2. la surexploitation des ressources naturelles, 3. le changement climatique, 4. la pollution et 5. les espèces exotiques envahissantes