“Veolia est aussi une entreprise de défense” Estelle Brachlianoff bouscule en rappelant le rôle essentiel de Veolia dans la sécurisation des ressources stratégiques

Estelle Brachlianoff sur la scène au REX 2026

À l’occasion des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence 2026, Veolia a porté une conviction forte : dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les transformations environnementales et les mutations économiques, la résilience des sociétés repose plus que jamais sur la capacité à sécuriser les ressources essentielles. Eau, énergie, matières premières critiques : leur disponibilité conditionne la stabilité des territoires, la continuité des activités économiques et l’autonomie stratégique.


Défendre les ressources essentielles : une nouvelle dimension de la souveraineté

La défense ne se résume plus aux équipements militaires. Elle repose aussi sur la capacité d’un pays à garantir l’accès aux ressources indispensables à son fonctionnement. C’est le message porté par Estelle Brachlianoff lors de la plénière « Quelle ambition pour la défense française ? » aux Rencontres Économiques d’Aix.

« Au risque peut-être de surprendre certains, Veolia est aussi une entreprise de défense », a déclaré la directrice générale du Groupe, avant d’en préciser le sens : « Veolia participe à construire l’autonomie stratégique. » Cette contribution ne consiste pas à fabriquer des armes, mais à sécuriser ce qui permet aux États, aux industries et aux populations de fonctionner : l’eau, l’énergie et les matières premières critiques.

« La première défense, c’est celle des ressources : sécuriser l’approvisionnement en eau, sécuriser l’approvisionnement en énergie, sécuriser l’approvisionnement en matières premières stratégiques. » Les conflits récents montrent combien ces ressources sont devenues des enjeux géopolitiques majeurs. En Ukraine, les infrastructures énergétiques ont été parmi les premières cibles des bombardements. Au Moyen-Orient, les installations de dessalement, essentielles à l’approvisionnement en eau potable, sont considérées depuis plusieurs décennies comme des infrastructures critiques. Leader mondial du dessalement, Veolia exploite des installations dans plusieurs régions du monde où la sécurité de l’eau constitue un enjeu stratégique. Le Groupe travaille ainsi avec les autorités compétentes afin d’assurer la protection et la continuité de ces infrastructures essentielles.

 

Derrière chaque grand conflit, il y a aussi un conflit d’accès aux ressources. Sécuriser ces ressources est un enjeu absolument essentiel.

Estelle Brachlianoff, Directrice général de Veolia

Estelle Brachlianoff sur la scène au REX 2026

La sécurité écologique, une nouvelle composante de la résilience des territoires

Face aux bouleversements climatiques et à la raréfaction de certaines ressources, la protection de l’environnement devient également un enjeu de sécurité. La sécurité écologique consiste à préserver les conditions indispensables au fonctionnement durable des sociétés : accès à l’eau, protection des écosystèmes, gestion durable des ressources et adaptation des infrastructures aux nouveaux risques. 

Pour Veolia, cette approche complète la notion de souveraineté : un territoire résilient est un territoire capable d’anticiper les crises, de protéger ses ressources et d’assurer la continuité des services essentiels.

De l’eau aux métaux critiques : construire une autonomie stratégique européenne

La souveraineté passe également par la maîtrise des ressources nécessaires aux industries du futur. Les métaux critiques – comme le lithium, le cobalt, le nickel ou le cuivre – sont indispensables à de nombreuses technologies, notamment dans les secteurs industriels, énergétiques et de défense. Or l’Europe reste aujourd’hui fortement dépendante des importations. Face à cet enjeu, Veolia développe des solutions permettant de récupérer ces ressources à partir de matières usagées, notamment grâce au recyclage des batteries en fin de vie. Cette capacité à transformer des déchets en nouvelles ressources participe à une double ambition : accélérer la transition écologique et renforcer l’autonomie stratégique européenne.

 

Sécuriser l’approvisionnement en eau, en matière première et en énergie locale, c’est absolument clé.

Pour Estelle Brachlianoff, les infrastructures critiques doivent désormais être pleinement intégrées aux stratégies de résilience des territoires.

Estelle Brachlianoff sur la scène au REX 2026

L’entreprise, une force de cohésion lorsqu’elle démontre son utilité

Pour Antoine Frérot, président de Veolia, l’entreprise peut contribuer au lien social à une condition essentielle : qu’elle démontre son utilité auprès de toutes celles et ceux qui s’engagent avec elle.  La question de l’utilité des entreprises et de leur contribution à la résilience collective est au cœur de l’engagement de Veolia depuis plusieurs années : accompagner les territoires dans la gestion des ressources essentielles, protéger l’environnement et créer de la valeur durable pour l’ensemble de ses parties prenantes.

« Pour qu’une entreprise contribue au vivre ensemble, il faut qu’elle soit utile, qu’elle apparaisse utile, qu’elle soit perçue comme utile à un grand nombre. » a expliqué Antoine Frérot lors de la plénière “Vivre ensemble, le salut viendra-t-il de l’entreprise ?”. Cette utilité concerne l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise : salariés, clients, actionnaires, fournisseurs, territoires et générations futures. Selon Antoine Frérot, ces parties prenantes peuvent avoir des attentes différentes, parfois contradictoires à court terme. Mais leur engagement commun dans l’entreprise traduit une même volonté : construire ensemble une création de valeur durable. Pour cela, l’entreprise doit être capable d’identifier ces attentes, de les mesurer et d’en rendre compte.

Vers une performance plurielle et une gouvernance plus représentative

Pour Antoine Frérot, l’utilité d’une entreprise doit  être évaluée à travers une performance plurielle, qui associe les dimensions financière, sociale, environnementale et sociétale. Cette approche implique de fixer des objectifs dans chacune de ces dimensions, de les mesurer, de les auditer et d’accepter d’être évalués sur l’ensemble de ces résultats.

« Il faut un système de performance plurielle, parce qu’il n’y a pas qu’une dimension de la performance. » Pour Antoine Frérot, si l’entreprise sert plusieurs parties prenantes, ses instances de décision doivent refléter cette pluralité. « La performance est plurielle, l’utilité est plurielle, il faut donc que les organes de direction reflètent cette pluralité. » Le conseil d’administration peut ainsi jouer un rôle essentiel pour intégrer davantage les différentes sensibilités qui contribuent à la réussite durable de l’entreprise : actionnaires, salariés, clients, territoires, mais aussi acteurs engagés sur les enjeux environnementaux et les générations futures.

Une même ambition : contribuer à une société plus résiliente

Dans un monde plus incertain, la capacité des entreprises à être utiles, responsables et résilientes devient un facteur déterminant de stabilité collective. Car aujourd’hui, protéger une société ne consiste pas uniquement à renforcer ses capacités militaires : c’est aussi garantir son accès aux ressources essentielles, protéger ses infrastructures critiques et préserver les conditions nécessaires à son fonctionnement.

C’est en ce sens que la sécurité des ressources, au croisement de la souveraineté, de la défense et de la sécurité écologique, devient un enjeu stratégique majeur. Sécuriser l’eau, l’énergie et les matières premières critiques, tout en protégeant les écosystèmes, constitue une condition essentielle de l’autonomie et de la résilience des nations.

La défense de demain ne reposera donc pas uniquement sur les capacités militaires : elle dépendra aussi de la capacité à préserver les ressources vitales et à garantir la continuité des services essentiels. C’est dans cette perspective que Veolia contribue aux enjeux de défense, en sécurisant les ressources indispensables au fonctionnement des sociétés. Et ceci, tout en réaffirmant une conviction forte : la performance durable repose sur la capacité des entreprises à répondre aux grands défis de leur temps et à contribuer positivement à la société. 

À retenir

1. Les ressources sont devenues un enjeu stratégique de souveraineté et de défense

Eau, énergie et matières premières critiques sont désormais au cœur des équilibres géopolitiques. Sécuriser leur accès et leur disponibilité constitue un levier essentiel de résilience pour les territoires, les industries et les populations.

2. Les infrastructures critiques doivent être protégées et rendues plus résilientes

Les crises récentes montrent que les infrastructures civiles essentielles sont devenues des éléments stratégiques. Assurer la continuité des services fondamentaux – comme l’accès à l’eau ou à l’énergie – est une condition de stabilité collective.

3. L’économie circulaire contribue à l’autonomie stratégique

Recycler les ressources présentes dans les déchets, notamment les métaux critiques, permet de réduire les dépendances extérieures tout en accélérant la transition écologique.

4. L’entreprise doit démontrer son utilité auprès de toutes ses parties prenantes

La performance d’une entreprise ne se mesure plus uniquement à travers ses résultats financiers. Elle doit intégrer des dimensions économiques, sociales, environnementales et sociétales, et rendre compte de son impact auprès de l’ensemble de ses parties prenantes.

5. Une gouvernance adaptée aux nouveaux défis

Si l’utilité de l’entreprise est plurielle, sa gouvernance doit également refléter cette diversité. Associer les différentes parties prenantes aux réflexions stratégiques contribue à construire des décisions plus équilibrées et plus durables.